Voici quelques anecdotes émouvantes recueillies sur le Lycée.
N'hésitez pas à nous envoyer vos histoires, pour enrichir cette page !

 

"Une première colle de math ( en 1965 !) ou le colleur (Claude Dechamps prof de math) m' a regardée quand je suis entrée dans la salle et m'a dit du haut de ses 1m95 ' tiens depuis quand y'a des filles ici '? J'ai eu l'impression qu'il aurait pu dire sur le même ton 'tiens depuis quand y'a des rats'

C'était l'époque ou les filles n'étaient qu'une infime minorité que l'on n'osait pas mettre dans le réfectoire avec les garçons!! Imaginez 3 filles dans une classe de sup de 60..."

Une ancienne SL 65-68

 

 

"Je suis entré au Lycée Saint Louis, par hasard et grâce à mon niveau d'une nullité épouvantable en maths.

En effet, pour la rentrée d'octobre 1940, ce qui ne me rajeuni pas, mon père m'avait inscrit en troisième( latin sciences) au lycée Louis le Grand. Les deux premières heures: français et latin se passent aussi bien que possible. Les deux heures suivantes: maths! Le professeur a tout de suite repéré que je ne savais quasiment rien et m'a interrogé une fois, deux fois, dix fois et à chaque interrogation, ma réponse était invariable: " je ne sais pas". La onzième fois, toujours même réponse sous les ricanements de mes petits camarades, il est venu derrière moi, a attrapé mes oreilles et a commencé à les tirer.

J'ai pris ses mains et lui ai dit quelque chose comme:" ce n'est pas en me tirant les oreilles que vous m'apprendrez quelque chose. Merde à la fin!!!". Désignant un autre élève, il lui a demandé de m'accompagner chez le censeur. Ce fût fait.

En arrivant au secrétariat, le camarade m'a gentiment abandonné. La secrétaire m'a dit: " c'est monsieur X qui vous a mis à la porte?" - " Oui" - " Pourquoi?" J'explique et elle me répond:" Rassurez-vous, c'est la même chose à chaque rentrée. Je vais essayer d'arranger ça." Elle prend le téléphone et après les papotages d'usage ( en ce temps là, car cela a du bien changer maintenant ) elle explique mon cas. " Merci, je te l'envoie!". Elle prend une grande enveloppe de papier kraft, y glisse les quelques feuillets de mon dossier et me dit: " Vous traversez la rue, vous traversez la Sorbonne, vous traversez le boulevard Saint Michel, vous entrez au lycée Saint Louis et vous donnez l'enveloppe à la secrétaire du Censeur. Au revoir et soyez rassuré, vous n'êtes que sa première victime de l'année et donc vous avez beaucoup de chance!"

J'ai donc fait tout ça et je suis resté ici pendant presque deux ans. Le professeur de maths de la 3 ° A " s'apellait monsieur Durupt. C'était un homme grand, un peu maigre, chevelure poivre et sel allant en s'éclaircissant, qui avait une grosse voix et surtout des sourcils très longs et une moustache encore plus longue. Une de ses manie était de lisser l'extrémité du sourcil gauche et le bout de la partie droite de la moustache et vice-versa. Une autre de ses habitude: quand il y avait un exemple chiffré à donner, il disait avec sa voix qui parfois se cassait comme celle de Michel Simon: " et pourquoi pas dix sept? " Et nous avions appris à énoncer ce nombre en une trentaine de langues que nous lui ressortions au moment opportun.

Première composition: les trois derniers étaient: [moi-même], [X] et [Y] avec des notes du genre 1/4 ou 1/3 voire même peut-être 1/2. Il nous retient tous les trois à la fin du cours et nous propose de nous apprendre les bases, gratuitement. Rentré à la maison il a fallu que j'explique à mon père comment de Louis le Grand j'étais à Saint Louis ( problème de surnombre....la vérité ne lui est apparue qu'une dizaine d'années plus tard) et surtout la proposition de monsieur Durupt. Papa lui a demandé un rendez- vous, comme les pères de mes deux camarades et amis dans la nullité, et à la deuxième composition: les trois premiers étaient les trois derniers du trimestre précédent . Merci, monsieur Durupt, vous m'avez fait comprendre les maths et surtout à les aimer.

Le professeur d'anglais s'apellait monsieur WERQUIN et sa phrase favorite était:" I'm always working" Plaisanterie typiquement anglaise intraduisible en français...

Au cas où certains d'entre vous ne le saurait pas, nous étions occupés par les troupes allemandes et [Y] a eu l'idée de taper sur des petits rectangles de papier, encollés au verso le troisième couplet de la Marseillaise ( recherchez le, c'est un sain exercice) et nous léchions le dos du papier et le collions sur les portes, les murs et parfois même sur le dos de l'uniforme d'un soldat allemand dans la bousculade du métro. Autre distraction, toujours dans le métro: tout doucement, nous extrayions la baïonette du soldat et nous la jetions sur le ballast de la voie. Tout ça pour vous dire que tout lycéens que nous étions, le sort et l'avenir de notre patrie nous souciait et que beaucoup d'entre nous se sont jetés à corps perdu dans la Résistance où nous étions employés comme distributeurs ( clandestins) de tracts et plus tard de journaux que nous glissions dans les boîtes aux lettres.

En mai 1942, mon père reçoit un jour une lettre du bahut disant que j'étais renvoyé parce que j'avais mérité 72 (je dis bien soixante douze) heures de colles à faire en deux jeudis! papa obtient un rendez-vous avec le proviseur qui lui explique que pour la santé d'un certain nombre d'élèves, il était prudent qu'ils aillent continuer leurs humanités ailleurs et si possible loin de Paris: un bon nombre de ceux dont il avait la responsabilité scolaire venaient d'être arrétés. Et donc l'élève [que j'étais] a été envoyé vite fait au collège de Vitré (Ille et Vilaine), a continué de faire ce qu'il pouvait dans la Résistance, a passé son premier bachot en 1943 et le deuxième (Philosophie-Sciences) le 06 Juin 1944 juste au moment ou la France a connu le plus grand nombre de baigneurs étrangers sur ses plages de la Manche de toute son histoire!"

Un bachelier depuis 59 ans...

 

 

"Fin Juin 1980, la Sup5 fetait la fin de l'annee. Internes et externes se sont retrouves dans les discotheques parisiennes jusqu'a une heure avancee de la nuit. A 5 heures du matin, quelques internes dont je faisais partie ont regagne le lycee en reveillant le gardien qui a ete grincheux mais accomodant malgre le reglement interieur.

Mais une fois dans l'enceinte du lycee, on a voulu faire rentrer les externes par la fenetre du premier en leur procurant une echelle. Dieu que ce plancher en bois faisait du bruit. On avait l'impression que tout Paris nous entendait. En fait, c'est le gardien qui nous a entendu et a failli nous surprendre. Alors qu'on etait pres du but, on a entendu les pas du gardien qui faisait sa tournee. Paniques, nous avons laisse l'echelle sur place et nous nous somme enfuis vers les dortoirs. Le gardien nous a poursuivis a travers les couloirs en allumant progressivement la lumiere, mais sans nous rattraper. Par contre, notre bevue nous rattrapa le lendemain par l'intermediaire de M. Espinosa qui nous reprimanda vertement. Apres tant d'annees, je revois encore cette poursuite dans les couloirs ..."

Un ancien SL 79-82

 

 

"Nous avions comme prof de philo Jean-Toussaint DESENTI décèdé récemment. Nous avons fait du ' Petit Prince' toute l'année.En début de cours il désignait un élève qui lisait un morceau de l'oeuvre de Saint-Exupéry et ainsi de suite .Quand le livre était terminé,on recommençait sur le mème sujet.Nous n'avons rien fait d'autre de toute l'année.

Nous avions un colleur en math-dont j'ai oublié le nom. Il nous recevait un chronomètre posé à coté de lui. Il énonçait le problème et mettait son chrono en route. A chaque erreur il enlevait un point à la note initiale qui était 20. En fin il donnait le temps pour passer de 20 à 0. Sur la fiche de colle, il mettait 0 et un temps de x minutes. L'administration ne connaissant que la note nous collait systématiquement le week-end suivant (j'étais interne). On racontait qu'un élève avait tenu jusqu'à 1 heure du matin..."

Un ancien SL 55-56

 


Association des Anciens Elèves du Lycée Saint-Louis © Octobre 2001